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Poëmes et légendes
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

Ces pâles canailles qui avaient l’air jadis des troisvertus théologicales, ont tant bu depuis de notre vin duRhin qu’ils ont fini par avoir des trognes rouges.

Et la liberté s’est foulé le pied, elle ne peut plus sauteret danser. Le drapeau tricolore à Paris regarde triste-ment du haut de ses tours.

L’empereur est ressuscité depuis ; mais les vers anglaisen ont fait un homme tout pacifique, et il s’est laissérensevelir sans mot dire.

J’ai vu moi-môme ses funérailles ; j’ai vu le char doréet les Victoires dorées qui supportaient le cercueil doré.

Le long des Champs-Elysées, par l’arc de triomphe,par le brouillard et sur la neige le convoi défila len-tement.

La musique raclait d’une effroyable façon ; les nez desmusiciens étaient bleus et leurs doigts raides de froid ;les aigles des étendards me saluaient d’un air piteux.

Les hommes regardaient avec des yeux hagards,à la fois réjouis et terrifiés, comme s’ils voyaient appa-raître un fantôme chéri. Dans leur âme se rallumaientles vieux souvenirs du rêve impérial. Le conte de fée del’empire, avec ses splendeurs héroïques, était évoquédevant eux.

J’ai pleuré ce jour-là. Les larmes me sont venues auxyeux, quand j’ai entendu retenlir ce cri d’amour, oubliédepuis longtemps : Vive l’Empereur !