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Poëmes et légendes
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

Il s’arrêtait comme s’il attendait quelque chose, et sije pressais le pas, il reprenait sa marche. Nous arrivâmesainsi jusqu’au milieu de la place de la cathédrale.

Cela me devenait insupportable; je me retournai et jelui dis : Parle maintenant, pourquoi me suis-tu ainsijusqu’au milieu de ce désert nocturne ?

Je te rencontre toujours à l’heure où les grandes idéesgrondent dans ma poitrine, et que les éclairs de la penséejaillissent de mon esprit.

Tu me regardes si fixement ! — Parle, explique-toi !Que caches-tu sous ton manteau ? Ça brille si terrible-ment ! Qui es-tu, et que veux-tu?

Il répondit d’un ton sec et même un peu maussade :Je t’en prie, ne m’exorcise pas, et pour l’amour de Dieu !ne deviens pas pathétique.

Je ne suis point un fantôme du passé, un spectreéchappé de la tombe. Je n’aime pas la rhétorique, je nesuis pas non plus très dialecticien.

Je suis d’une nature pratique, toujours calme et taci-turne. Saehe-Ie donc : ce que ton esprit médite, c’estmoi qui l’exécute.

Et les années ont beau s’écouler, je n’ai point de cesse,jusqu’à ce que j’aie changé en réalité les billevesées deta pensée. Toi, tu penses, et moi, j’agis.

Tu es le juge, je suis le bourreau, et avec l’obéissance