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Poëmes et légendes
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OEUVRES DE HENRI HEINE.

d’amour et le féal servage, et cette époque des croyantssans presse, où les journaux ne paraissaient pas encore.

Oui, oui, le casque me plaît! il témoigne de l’espritélevé de S. M. le spirituel roi de Prusse. C’est véritable-ment une saillie royale; elle ne manque pas de pointe,grâce à la pique.

Seulement je crains, messires, quand l’orage s’élè-vera, que cette pointe n’attire sur votre tête romantiqueles foudres plébéiennes les plus modernes.

A Aix-la-Chapelle, je revis à l’hôtel de la poste l’aiglede Prusse que je déteste tant; il jetait sur moi des re-gards furieux.

Ah ! maudit oiseau ! si jamais tu me tombes entre lesmains, je t’arracherai les plumes et je te rognerai lesserres.

Puis je t’attacherai, dans les airs, au haut d’uneperche, en point de mire d’un tir joyeux, et autour detoi j’appellerai les arquebusiers du Rhin.

Et le brave compagnon qui me l’abattra, je l’investi-rai du sceptre et de la couronne rhénane ; nous sonne-rons des fanfares, et nous crierons : Vive le roi !

IV

J arrivai à Cologne le soir, assez tard ; j’entendisbruire la grande voix du Rhin ; je sentis l’air d’AUe-