aussitôt que j’ai bu mon champagne, la Chine est ivrede bonheur.
Mon empire, la fleur du milieu, s’épanouit commeune tulipe jaune avec des raies purpurines. Moi-même,je deviens presque un homme, et ma femme devientenceinte.
Partout règne alors l’abondance, et les malades gué-rissent. Mon philosophe de cour. Confucius, devientmoins confus et raisonne avec clarté.
Le pain bis du peuple se change en gâteau d’amandes :quelle félicité générale! Tous les mendiants de mesÉtats se pavanent en habits de soie et de velours.
Le corps des mandarins, les chevaliers lettrés, cesmagots invalides, retrouvent la vigueur de la jeunesseet secouent leurs longues queues.
Le dôme de Péking, chef-d’œuvre de vieille chinoi-serie en pierre, s’achève comme par enchantement —Les derniers juifs viennent se faire baptiser dans cettepagode romantique, et pour récompenser leur zèle reli-gieux , je les gratifie tous de la décoration du dragonnoir, de quatrième classe.
L’esprit révolutionnaire disparaît, et les plus noblesmantschous s’écrient : « Nous ne voulons pas de consti-tution — c’est la sehlague, le kantschou , qu’il nousfaut. »
Les disciples d’Esculape ont beau me détendre de