«Elle m’entraîne vers ma bien-aimée, comme si laprésence de Marguerite pouvait me guérir. Pourtant,dès que je suis sous ses regards, je ne peux rester enplace.
« Je monte au haut de la montagne. Là, on est pour-tant bien seul; et si là haut je m’arrête paisiblement,alors je m’arrête paisiblement et je pleure. »
3
Le pauvre Pierre arrive à pas lents, chancelant, crain-tif, pâle comme un mort; les voisins se tiennent sur le _chemin pour le regarder passer.
Les jeunes filles se murmurent à l’oreille. « En voiciun qui sort du tombeau. » Hélas ! non, aimables jeunesfilles, il n’en sort pas, il y va, au tombeau.
Il a perdu sa bien-aimée, et la tombe est la meilleureplace où il puisse reposer et dormir jusqu’au jugementdernier.
TRAGEDIE.
1
« Fuis avec moi et sois ma femme, et repose-toi surmon cœur; au loin, à l’étranger, mon cœur sera pourtoi, la patrie et la maison paternelle.