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Poëmes et légendes
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

Ils se regardaient avec des yeux doux et langoureux,le fiancé enlaça hardiment la fiancée, et baisa sa jouevermeille ô malheur ! la froide mort me donna unbaiser.

Ma langue sallourdit, elle était comme un morceaude plomb dans ma bouche, et je ne pouvais proférerin mot. Violons et trompettes éclatèrent de nouveau, ladanse commença; le brillant couple sélança parmi lesvalseurs.

Et tandis que jétais, immobile et muet, les dan-seurs tourbillonnaient autour de moi; le fiancé mur-mura un mot à loreille de la mariée ; elle' rougit, maisne se fâcha pas.

Ils se séparent furtivement de la foule, et gagnent lasortie de la salle; je voulus les suivre , mais mes piedsétaient de marbre la douleur me pétrifiait.

La douleur me pétrifiait. Je me traînais pourtant jus-quà la chambre nuptiale ; deux vieilles femmes y étaientaccroupies devant la porte.

Lune était la mort, lautre la folie. Elles posaient surleur bouche sans lèvres un doigt décharné je râlais,je suffoquais, à la fin je riais, et ce rire méveilla.