444 ŒUVRES DE HENRI HEINE.
Brême m’emporte au haut de l’escalier, à la lumière dujour.
Brave sommelier du Rathskeller de Brême ! regarde— sur le toit des maisons, les anges sont assis; ils sontivres et chantent; Tardent soleil là-haut n’est réellementqu’une rouge trogne, le nez de l’esprit du monde,et autour de ce nez flamboyant se meut l’univers engoguettes.
ÉPILOGUE.
Comme les épis de blé dans un champ, les penséespoussent et ondulent dans l’esprit de l’homme; mais lesdouces pensées du poète sont comme des fleurs bleueset rouges qui s’épanouissent gaiement entre les épfls.
Fleurs bleues et rouges ! le moissonneur bourru vousrejette comme inutiles; les rustres, armés de fléaux,vous écrasent avec dédain ; le simple promeneur même,que votre vue récrée et réjouit, secoue la tête et voustraite de mauvaises herbes. Mais la jeune villageoise,qui tresse des couronnes, vous honore et vous recueille,et vous place dans ses cheveux, et, ainsi parée, ellecourt au bal où résonnent fifres et violons, à moinsqu’elle ne s’échappe pour chercher l’ombrage discretdes tilleuls où la voix du bien-aimé résonne encore plusdélicieusement que les fifres et les violons !