LA MER DU NORD. 143
Rathskeller de Brême ne m’eût retenu ferme par lanuque, j’aurais été culbuté du coup !
Le brave homme ! Nous étions assis ensemble et nousbuvions fraternellement, nous agitions de hautes et mys-térieuses questions, nous soupirions et nous tombionsdans les bras l’un de l’autre, et il m’a ramené à la vraiefoi de l’amour. — J’ai bu à la santé de mes plus cruelsennemis, et j’ai pardonné à tous les mauvais poètes,comme à moi-même il doit être pardonné. — J’ai pleuréde componction, et, à la fin, j’ai vu s’ouvrir à moi lesportes du salut, le sanctuaire du caveau où douze grandstonneaux, qu’on nomme les saints apôtres, prêchent ensilence,... et pourtant dans un langage universel.
Cq sont là des personnages remarquables ! simples àl’extérieur, dans leurs robes de bois, ils sont, au de-dans , plus beaux et plus brillants que tous les orgueil-leux lévites du temple et que les trabans et les courtisansd’Hérode, parés d’or et de pourpre. J’ai toujours dit quele roi des cieux, notre Seigneur, .passait sa vie, nonparmi les gens du commun, mais bien au milieu de lameilleure compagnie !
Alleluiah ! comme les palmiers de Bethel m’envoientdes senteurs délicieuses ! Quel parfum la myrrhe d’Hé-bron exhale ! comme le Jourdain murmure et se balanced’allégresse! et mon âme bienheureuse se balance etchancelle aussi, et je chancelle avec elle5 et, chance-lant lui aussi, le brave sommelier du Rathskeller de