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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
aux cheveux d’or, maintenant à la chevelure d’argent!Tu es encore parée de ta fameuse ceinture de séduction;cependant ta beauté me cause une secrète terreur, et si,à l’instar d’autres héros, je devais posséder ton beaucorps, je mourrais d’angoisse. — Tu n’es plus qu’unedéesse de la mort, Vénus Libitina !
Le terrible Arès que voilà, ne regarde pas non plusd’un œil trop amoureux sa livide maîtresse. Le jeunePhébus Apollo penche tristement la tête. Sa lyre, quirésonnait d’allégresse au banquet des dieux, est déten-due. Héphaistos semble encore plus sombre, et vérita-blement le boiteux n’empiète plus sur les fonctionsd’Hébé et ne verse plus, empressé, le doux nectar àl’assemblée céleste... Et depuis longtemps s’est éteintl’inextinguible rire des dieux. —
Je ne vous ai jamais aimées, vieilles divinités clas-siques ! Pourtant une sainte pitié et une ardente com-passion s’emparent de mon cœur, lorsque je vousvois là-haut, dieux abandonnés, ombres mortes eterrantes, images nébuleuses que le vent disperse ef-frayées , et., quand je songe combien lâches et hypo-crites sont les dieux qui vous ont vaincus, les nouveauxet tristes dieux qui régnent maintenant au ciel, renardsavides sous la peau de l’humble agneau... oh! alorsune sombre colère me saisit, et je voudrais briser lesnouveaux temples et combattre pour vous, antiques divi-nités, pour vous et votre bon droit parfumé d’ambroisie;