Il y a un pauvre petit navire qui danse là-bas unedanse bien périlleuse ! Éole lui envoie les plus fougueuxmusiciens de sa bande, qui le harcèlent cruellement deleur branle folâtre; l’un siffle, l’autre souffle, le troisièmejoue de la basse, — et le pilote chancelant se tient augouvernail et observe sans cesse la boussole, cette âmetremblante du navire, et, tendant des mains suppliantesvers le ciel, il s’écrie : Oh ! sauve-moi, Castor, vaillantcavalier, et toi, glorieux athlète, Pollux!
LE NAUFRAGE.
Espoir >et amour! Tout est brisé, et moi-même,comme un cadavre que la mer a rejeté avec mépris, jegis là, étendu sur le rivage, sur le rivage sablonneux et nu.— Devant moi s’étale le grand désert des eaux ; derrièremoi, il n’y a qu’exil et douleur, et au-dessus de ma têtevoguent les nuées, ces grises et informes filles de l’air,qui de la mer, avec des seaux de brouillard, puisentl’eau, la traînent à grand’peine et la laissent retomberdans la mer, besogne triste, et fastidieuse, et inutile,comme ma propre vie.
Les vagues murmurent, les mouettes croassent, devieux souvenirs me saisissent, des rêves oubliés, desimages éteintes me reviennent, tristes et doux.
Il est dans le Nord une femme belle, royalement belle;une voluptueuse robe blanche entoure sa frêle taille de
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