l’intermezzo.
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Je le sais depuis longtemps. Je t’ai vue naguère enrêve, et j’ai vu la nuit qui remplit ton âme et les vipèresqui serpentent dans cette nuit. J’ai vu, ma bien-aimée,combien au fond tu es malheureuse.
XVIII
Oui, tu es malheureuse, et je ne t’en veux pas ; machère bien-aimée, nous devons être malheureux tousles deux. Jusqu’à ce que la mort brise notre cœur, machère bien-aimée, nous devons être malheureux.
Je vois bien la moquerie qui voltige autour de teslèvres, je vois l’éclat insolent de tes yeux, je vois l’or-gueil qui gonfle ton sein, et pourtant je dis : Tu es aussimisérable que moi-même.
Une invisible souffrance fait palpiter tes lèvres, unelarme cachée ternit l’éclat de tes yeux, une plaie secrèteronge ton sein orgueilleux; ma chère bien-aimée, nousdevons être misérables tous les deux !
XIX
Tu as donc entièrement oublié que bien longtempsj’ai possédé ton cœur, ton petit cœur, si doux, si faux etsi mignon, que rien au monde ne peut être plus mignonet plus faux ?
Tu as donc oublié l’amour et le chagrin qui me ser-