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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
«Je pris congé de mon pays, et, dans mon voyage deperfectionnement, j’arrivai aux Pyrénées et à la maison-nette d’Uraka.
«Je lui remis une lettre de recommandation de la partde Justin Kermer. J’oubliai que cet ami était en relationsavec les sorcières de tous les pays.
« Je reçus un accueil affectueux ; mais, à mon grandeffroi, cette amitié d’Uraka ne fit que s’accroître, et finitpar dégénérer en une passion charnelle.
« Oui, monsieur, la concupiscence avait allumé sonfeu impudique dans le sein flétri de cette affreuse mégère,et elle voulut me séduire.
« Mais je la suppliai : Ah ! pardonnez-moi, madame,je ne suis pas un frivole disciple de Goëthe; j’appartiensà l’école des poètes de la Souabe.
« Notre muse est la morale en personne ; elle portedes caleçons de cuir de bulle. Ah ! ne vous attaquez pasà ma vertu !
« D’autres poètes ont de l’esprit, d’autres la fantaisie,' d’autres la passion; mais nous, les poètes souabes, nousavons la vertu.
«Voilà notre seul bien! Par pitié, ne m’enlevez pas,madame, le manteau de gueux qui couvre ma nullité !
« C’est ainsi que je lui parlais; mais mes paroles hon-