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Poëmes et légendes
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

Il était midi quand je me réveillai. J’étais tout seul;mon hôtesse et Lascaro étaient partis de bon matin pourla chasse.

Il n’y avait plus dans la cabane que le caniche de lajsorcière. Il était debout au foyer, près de la chaudière,une cuillère à la patte.

Il paraissait très-bien dressé, quand la soupe cuisaittrop vite, à la tourner rapidement et à l’écumer.

Mais suis-je moi-même ensorcelé, ou la fièvre metrouble-t-elle encore le cerveau ? J’en crois à peine mesoreilles. —Le chien parle !

Oui, il parle allemand, et sa prononciation trahitmême le grasseyant accent de la bonne Souabe. Rêveuret comme plongé dans ses pensées, il parle ainsi :

—« Oh ! je suis le plus malheureux des poètes souabes.Il me faut languir tristement à l’étranger et garder lamarmite d’une sorcière.

«Quel exécrable maléfice qite la magie ! Que ma des-tinée est tragique! Sentir comme un homme sous lapeau d’un chien !

« Ah ! si j’étais resté chez nous, près des chers poètesde notre école ! Ils ne sont pas sorciers, eux, et ils n’en-chantent personne ;

a Si j’étais resté chez nous près de Cari Mayer, près