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Poëmes et légendes
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grand’ peine à suivre leurs blanches valseuses, qui tour-billonnaient légères comme le vent.

Ces pauvres bêtes étaient impitoyablement entraînées,et leur respiration bruyante étouffait presque la bassede l’orchestre.

Parfois les couples se heurtaient en valsant, et l’oursdonnait quelque coup de pied furtif au spectre qui l’avaitpoussé.

Parfois aussi, dans l’ivresse delà danse, un ours arra-chait le linceul de la figure de sa danseuse, et une tètede mort apparaissait.

Enfin, aux accords bondissants de la trompette et descymbales, au tonnerre de la grosse caisse, on commençale galop.

Mais je n’en pus voir la fin, car un ours mal léché memarcha si bien sur les cors, que je me mis à crier etque je m’éveillai.

XXII

Phœbus, sur son tilbury céleste, fouettait ses chevauxde feu, et il avait déjà parcouru la moitié de sa courseradieuse,

Tandis que je dormais encore et que je rêvais d’ourset de spectres étrangement enlacés, folles arabesques.