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ATTA TROLL. 55
réens, et elle passe tout le jour dans son sûr asile d’Ava-lun, l’île fortunée.
Cette île est cachée au loin, dans l’Océan pacifique dela fantaisie ; on ne peut y aborder que sur le cheval ailéde la Fable.
Jamais le souci n’y a jeté l’ancre, jamais bateau à va-peur n’est venu y jeter sa cargaison de badauds curieuxet culottant leurs pipes.
Jamais on n’y entend le triste son des cloches, cetennuyeux et éternel bimm-boumm que les fées ont tanten horreur.
C’est là qu’au milieu d’une gaieté inaltérable, dans lafleur d’une éternelle jeunesse, réside la fée joyeuse, lablonde dame Habonde.
C’est là qu’elle se promène en riant, à l’ombre desfleurs merveilleux, avec un cortège jaseur de paladinsqu’elle a ravis au monde.
Mais toi, Hérodiade, où es-tu, dis-moi? Où est ta rési-dence? Ah! je le sais, tu es morte, et ta tombe est àJérusalem !
Le jour, tu dors, dans ton sépulcre de marbre, l’im-mobile sommeil des morts; mais, à minuit, tu te réveillesau bruit du fouet, au chant du cor, aux cris de chasse,
Et tu suis l’ardente cavalcade avec Diane et Habondeet les joyeux chasseurs qui détestent la croix et la péni-tence cagote.
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