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Poëmes et légendes
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ŒUVRES DE HENRI HEINE.

La gent bruyante des oiseaux gazouille dans des nidscachés, et une odeur de plantes et de fleurs s’élèvecomme un concert de parfums.

Nous étions descendus dans la vallée aux premièresheures du jour, et, pendant que Lascaro suivait la pistede son ours, je restais seul, las et triste.*

Las et triste, je m’assis enfin sur un moelleux banc demousse. C’était sous ce grand chêne, au bord d’unepetite source, dont le murmure et le clapottementm’ensorcelèrent tellement, que j’en perdis presque laraison.

Je me pris d’un désir effréné pour le monde desrêves, pour la mort et le délire, et pour ces belles ama-zones que j’avais vues dans le défilé des esprits.

O douces visions des nuits qu’effarouche l’aurore,dites, où êtes-vous enfuies? Dites, où vous cachez-vouspendant le jour?

Sous les ruines d’un vieux temple, au fond de la Ro-magne, on dit que la déesse Diane se retire pendant lerègne diurne du Christ.

Ce n’est que dans les ténèbres de minuit qu’elle sehasarde à sortir et à se livrer au plaisir de la chasse avecses compagnes réprouvées.

La belle fée Habonde aussi a peur des dévots naza-