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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
éclairés, aujourd’hui ils ne s’entre-tuent plus par zèlereligieux, au nom des intérêts du ciel.
Non, ce n’est pas cette pieuse erreur, ce saint délire,cette généreuse folie, mais bien l’égoïsme personnel,qui les pousse au meurtre et à l’assassinat.
Ils s’acharnent à l’envi sur les biens de cette terre ;c’est un pillage universel, et chacun tue et vole pourlui-même.
Oui, les biens de la communauté terrestre deviennentla proie d’un seul maître, de l’homme, et il parle alorsde droits de possession, de propriété.
Propriété, droits de possession ! O vol, ô mensonge !L’homme seul a pu inventer un pareil mélange de ruseet d’absurdité.
La nature n’a pas créé de propriété, car tous, ouitous, nous venons sans poche au monde, sans poche surl’épiderme.
Aucun de nous tous n’a de naissance de pareils petitssacs sur le corps inventés pour recéler les vols.
L’homme seul, cet être nu qui se fit avec art un vête-,ment de laine étrangère, sut aussi, avec le même art, seprocurer des poches.
Une poche ! c’est aussi peu naturel que la propriétéet les droits de possession. Les hommes ne sont que desfilous qui empocheraient les étoiles du ciel.