avec laquelle vous effrayez le soir les enfants quand ilsne sont pas sages.
Je suis la caricature grotesque des contes de vosnourrices; je le suis, et je le crie à haute voix à ceshommes là-bas.
Entendez-vous? entendez-vous? je suis un ours!Jamais je ne rougirai de mon origine. Je m’en glorifiecomme si j’étais issu du sang de Moïse Mendelsohn ! —
X
11 est minuit. Deux formes sauvages se glissent à quatrepattes avec de sourds grognements et se fraient un che-min à travers le sombre fourré de sapins.
C’est Atta Troll, le père, et son fils, le jeune Une-Oreille. Ils s’arrêtent dans la clairière, près du rocherqu’on appelle la Pierre-Sanglante.
— Cette pierre, grogne Atta Troll, est l’autel où lesdruides, à l’époque du paganisme, faisaient des sacrificeshumains.
O comble de l’horreur et du crime ! quand j’y pense,mon poil se hérisse sur mon dos. — On répandait dusang à la gloire de Dieu !
Pour dire la vérité, maintenant les hommes sont plus