DF. l’aT.T/EMAGNE.
97
sur chaque oiseau qui traversait les airs, surchaque cavalier qui passait ; et, quand ils arri-vaient dans une laide contrée , couverte dehuttes misérables, habitée par une populationmendiante et déguenillée , le raisonneur disaitironiquement : « Le'bon Dieu a fait le monde« en six jours • mais il y paraît, car il reste en-«■ core beaucoup k faire. » Le second com-pagnon n’interrompt l’autre que rarement, etpar quelques remarques furieuses. Il ne peutdire une parole sans jurer ; il maudit avec co-lère tous les maîtres chez qui il a travaillé , etson refrain banal est qu’il se repent de n’avoirpas laissé en souvenir une volée de coups k l’hô-tesse d’Halberstadt, qui lui apportait journelle-ment la choucroute. A ce mot de Halberstadt,soupire du fond de son âme le troisième com-pagnon ; c’est le plus jeune. Il entreprend sapremière tournée dans le monde ; il pense tou-jours k sa genlille bonne amie aux yeux noirs,laisse tomber sa tête sur son sein , et ne pro-nonce pas une parole.
L’Enfant au cor merveilleux est un monu-ment bien remarquable de notre littérature.Ce livre a exercé une trop noble influence surles lyriques de l’école romantique, particu-