Druckschrift 
5 (1835) De l'Allemagne, 1
Entstehung
Seite
198
Einzelbild herunterladen
 

DE L ALLEMAGNE.

198

Dans le fait, nos premiers romantiques agi-rent par un instinct panthéistique qu’eux-mê-mes ne comprirent pas. Le sentiment qu’ilscrurent une tendresse renaissante pour le bontemps du catholicisme avait une origine plusprofonde qu’ils ne le soupçonnaient. Leur res-pect , leur prédilection pour les traditions dumoyen-âge, pour les croyances populaires,pour la diablerie , la magie et la sorcellerie ,tout cela ne fut qu’un amour réveillé subile 1 -ment et à son insu pour le panthéisme desvieux Germains ; et dans ces figures indigne-ment barbouillées et méchamment mutilées,ils n’aimèrent véritablement que la religionanté-chrétienne de leurs pères. Je dois rap-peler ici ma première partie où j’ai montrécomment le christianisme avait absorbé les élé-mens de la vieille religion germanique, com-ment, après une outrageante transformation,ces élémens s’étaient conservés dans les croyan-ces populaires du moyen-âge , de sorte que levieux culte de la nature fut considéré commeimpure et méchante magie, les vieux dieuxne furent plus que de vilains diables , et leschastes prêtresses d’infâmes sorcières. De cepoint de vue, les aberrations de nos romanti-