DE L’ALLEMAGNE.
>97
œuvres de Spinosa. L’hommage que Goetherendit à la doctrine de Spinosa ne peut êtrel’objet d’un doute. Au moins s’en occupa-t-ilpendant toute sa vie : au commencement deses Mémoires, comme dans le dernier volumequi vient de paraître, il l’a reconnu avec unefranchise toujours égale. Je ne sais plus oùj’ai lu que Hcrder, impatienté de le voir con-tinuellement occupé de Spinosa’, s’écria unjbur : « Si Goethe pouvait une fois prendreun autre livre latin que celui de Spinosa ! »Du reste, cela ne s’applique pas seulement àGoethe, mais à une foule de ses amis , connusplus ou moins comme poètes, qui s’attachèrentde bonne heure au panthéisme. Cette doc-trine fleurit pratiquement dans l’art allemand,avant d’arriver chez nous à la puissance commethéoi’ie philosophique. Au temps même deFichte, quand l’idéalisme se glorifiait à l’apogéele plus élevé dans le domaine de la philosophie,il était violemment détruit dans le domaine del’art, et c’est alors, qu’éclata chez nous celtefameuse révolution artistique qui n’est pas en-core terminée aujourd’hui, et qui commenceau combat des romantiques contre l’ancienrégime classique.