DE L’ALLEMAGNE.
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chemin qu’elle a pris pour venir à l’abstrac-tion; par ce retour , elle arrive au inonde desfaits; alors l’esprit peut déclarer ce monde desfaits comme un acte nécessaire de l’intelli-gence.
Il existe encore chez Ficlite une difficultéparticulière en ce qu’il suppose l’esprit s’ob-servant lui-même pendant qu’il agit : le moidoit faire des observations sur ses actes intel-lectuels pendant qu’il les exécute ; la penséedoit s’espionner pendant qu’elle pense , pen-dant qu’elle s’échauffe peu à peu jusqu’à deve-nir bouillante. Cette opération nous fait pen-ser au singe assis auprès d’un foyer, devantune marmite dans laquelle il cuit sa proprequeue; car il pensait que le véritable art cu-linaire ne consistait pas seulement à cuire ob-jectivement, mais bien à avoir la consciencesubjective de la cuisson.
Il est à remarquer que la philosophie deFiclite eut toujours à supporter beaucoup detraits de la satire. J’ai vu une fois une carica-ture qui représente une oie fichtéenne. Le foiede la pauvre bête est devenu si gros, qu’ellene sait plus si elle est l’oie ou le foie. Sur sonventre est écrit Moi= Moi. Jean-Paul a per-