DE L ALLEMAGNE.
1 8o
siüé de la manière la plus impitoyable la phi-losophie de Fichte dans un livre intitulé :Clam Fichteana. Que l’idéalisme, dans lesconséquences de ses déductions, fût arrivé ànier même la réalité de la matière , cela parutà la grande masse du public aine plaisanteriepoussée trop loin. Nous nous amusâmes assezbien du moi de Fichte qui produisait par saseule pensée tout le monde des faits. Nos plai-sans eurent encore à rire d’un malentenduqui devint trop populaire pour que je puisseme dispenser d’en parler. La masse s’imaginaitque le moi de Fichte était le moi particulierde Johannes Gottlieb Fichte, et que ce moiindividuel niait toutes les autres existences.Quelle impudence ! s’écriaient les bonnes gens ;cet homme ne croit pas que nous existions,nous qui avons plus de corps que lui, et qui,en qualité de bourgmestre et d’archiviste dutribunal, sommes même ses supérieurs ! Lesdames disaient : « Ne croit-il pas au moins àl’existence de sa femme? — Non. — Et ma-dame Fichte souffre cela ! »
Le moi de Fichte n’est pourtant pas un moiindividuel, mais le moi universel, le moi dumonde parvenu à la conscience de soi. La