DE L’ALLEMAGNE.
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Ce manque de système entier fit qu’on refusaplus d’une fois à la philosophie de Kant letitre de philosophie. En ce qui touchait Kantlui-même, on eut raison, mais pas à l’égarddes kantistes qui tirèrent des traités de leurmaître des matériaux pour une quantité suffi-sante de systèmes. Dans ses premiers écrits ,Fichte demeura , comme je l’ai dit, entière-ment fidèle à la méthode du maître , au pointqu’on put attribuer à celui-ci son premiertraité, qui parut anonyme. Mais comme Fichteproduit plus tard un système, il entre avecardeur dans la passion de la construction, etquand il a construit tout le monde, il com-mence avec la même opiniâtreté à démontrerce qu’il a construit. Qu’il construise ou qu’ildémontre, Fichte manifeste une passion pourainsi dire abstraite. Ainsi que dans son sys-tème, la subjectivité domine bientôt dans sonenseignement. Kant, au contraire, étend lapensée devant lui, en fait l’analyse, la dissè-que jusque dans ses fébrilles les plus menues,et sa Critique de la raison pure est en quelquesorte l’ampithéâtre anatomique de l’esprit hu-main; pour lui, il demeure là froid et insen-sible comme un véritable chirurgien.