DK L ALLEMAGNE.
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eoi’e à présent, en souvenir de lui, l’allée duPhilosophe. Il la montait et la descendait huitfois le jour, en quelque saison que ce fût ; etquand le temps était couvert ou que les nuagesnoirs annonçaient la pluie , on voyait son do-mestique , le vieux Lampe , qui le suivait d’unair vigilant et inquiet, le parapluie sous lebras, véritable image de la Providence.
Quel contraste bizarre entre la vie exté-rieure de cet homme et sa pensée destruc-tive ! En vérité, si les bourgeois de Kœnigsbergavaient pressenti toute la portée de cette pen-sée, ils auraient éprouvé devant cet homme unfrémissement bien plus horrible qu’à la vue
d’un bourreau qui ne tue que des hommes_
Mais les bonnes gens ne virent jamais en luiqu’un professeur de philosophie, et quand ilpassait à l’heure dite , ils le saluaient amica-lement et réglaient d’après lui leur montre.
Mais si Emmanuel Kant, ce grand démolis-seur dans le domaine de la pensée , surpassade beaucoup en terrorisme Maximilien Robes-pierre, il a pourtant avec lui quelques ressem-blances qui provoquent un parallèle entre cesdeux hommes. D’abord nous trouvons chez tousdeux cette probité inexorable , tranchante ,