Druckschrift 
5 (1835) De l'Allemagne, 1
Entstehung
Seite
149
Einzelbild herunterladen
 

r>E lallemagne,

>49

comment une partie du peupleanglais est lassede son existence mécanique , et demande uneâme, tandis que lautre partie est mise à latorture par cette demande, et quaucunedelles ne peut trouver la paix au logis.

Cest une affreuse histoire. Cest unechose terrible quand les coips que nous avonscréés nous demandent une âme ; mais unechose plus affreuse, plus terrible, plus sai-sissante, est davoir créé une âme , et de len-tendre vous demander un corps et vous pour-suivre avec ce désir. La pensée que nous avonsfait naître dans notre esprit est une de cesâmes , et elle ne nous laisse pas de repos quenous ne lui ayons donné son corps, que nousne layons réalisée en lait sensible. La penséeveut devenir action, le verbe devenir chair,et, chose merveilleuse ! lhomme , comme leDieu de la Bible , na besoin que dexprimersa pensée , et le monde sajuste en consé-quence : la lumière ou lobscurité se fait, leseaux se séparent de la terre, ou bien encoredes animaux féroces apparaissent. Le mondeest la configuration de la parole.

Le vieux Fontcnelle disait pour cette rai-son : « Si javais dans ma main toutes les vérités