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comment une partie du peupleanglais est lassede son existence mécanique , et demande uneâme, tandis que l’autre partie est mise à latorture par cette demande, et qu’aucuned’elles ne peut trouver la paix au logis.
C’est là une affreuse histoire. C’est unechose terrible quand les coi’ps que nous avonscréés nous demandent une âme ; mais unechose plus affreuse, plus terrible, plus sai-sissante, est d’avoir créé une âme , et de l’en-tendre vous demander un corps et vous pour-suivre avec ce désir. La pensée que nous avonsfait naître dans notre esprit est une de cesâmes , et elle ne nous laisse pas de repos quenous ne lui ayons donné son corps, que nousne l’ayons réalisée en lait sensible. La penséeveut devenir action, le verbe devenir chair,et, chose merveilleuse ! l’homme , comme leDieu de la Bible , n’a besoin que d’exprimersa pensée , et le monde s’ajuste en consé-quence : la lumière ou l’obscurité se fait, leseaux se séparent de la terre, ou bien encoredes animaux féroces apparaissent. Le mondeest la configuration de la parole.
Le vieux Fontcnelle disait pour cette rai-son : « Si j’avais dans ma main toutes les vérités