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5 (1835) De l'Allemagne, 1
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DE LALLEMAGNE.

du monde , je me garderais bien de louvrir. »-Moi, je pense tout le contraire. Si javaistoutes les vérités du monde dans la main , jevous prierais peut-être de me couper à linstantcette main, mais dans tous les cas, je ne lagarderais pas long-temps fermée. Je ne suispoint geôlier de pensées ; par Dieu ! je leurdonnerais la liberté. Quelles se transformenten faits effrayans, quelles se ruent dans tousles pays comme une bacchanale effrénée ,quelles brisent avec leurs thyrses nos fleursles plus innocentes, quelles fassent irruptiondans nos hôpitaux et arrachent de son lit levieux monde malade_ mon cœur en sai-

gnera sans doute, et moi-même jen souffriraiaussi préjudice ; car, hélas ! je fais partie aussi,moi, de ce vieux monde malade , et cest avecraison que le poète dit : On a beau se mo-quer de ses béquilles, on en marche pas mieuxpour cela. Je suis le plus malade de vous tous,et dautant plus à plaindre que je sais ce quecest que la santé ; mais vous ne le savez pas ,vous , hommes que jenvie ! vous êtes ca-pables de mourir sans vous en apercevoir.Oui, beaucoup dentre vous sont morts de-puis long-temps, et soutiennent quils com-