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DE L’ALLEMAGNE.
du monde , je me garderais bien de l’ouvrir. »-Moi, je pense tout le contraire. Si j’avaistoutes les vérités du monde dans la main , jevous prierais peut-être de me couper à l’instantcette main, mais dans tous les cas, je ne lagarderais pas long-temps fermée. Je ne suispoint né geôlier de pensées ; par Dieu ! je leurdonnerais la liberté. Qu’elles se transformenten faits effrayans, qu’elles se ruent dans tousles pays comme une bacchanale effrénée ,qu’elles brisent avec leurs thyrses nos fleursles plus innocentes, qu’elles fassent irruptiondans nos hôpitaux et arrachent de son lit levieux monde malade_ mon cœur en sai-
gnera sans doute, et moi-même j’en souffriraiaussi préjudice ; car, hélas ! je fais partie aussi,moi, de ce vieux monde malade , et c’est avecraison que le poète dit : On a beau se mo-quer de ses béquilles, on en marche pas mieuxpour cela. Je suis le plus malade de vous tous,et d’autant plus à plaindre que je sais ce quec’est que la santé ; mais vous ne le savez pas ,vous , hommes que j’envie ! vous êtes ca-pables de mourir sans vous en apercevoir.Oui, beaucoup d’entre vous sont morts de-puis long-temps, et soutiennent qu’ils com-