I)E L’ALLEMAGNE.
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moins froide , non moins tranchante. Le spi-ritualisme chrétien combattait dans les rangsde leurs ennemis : le sensualisme devint alorsleur allié naturel. Comme les sensualistes fran-çais étaient ordinairement matérialistes, oncrut faussement que le sensualisme ne procé-dait que du matérialisme. Non, le sensualismepeut aussi bien se produire comme un résul-tat du panthéisme, et alors il apparaît beauet imposant. Nous ne voulons cependant nieren aucune manière les services rendus par lematérialisme français. Ce matérialisme fut un
à
contre-poison efficace contre le mal du passé ,un remède corrosif dans une maladie désespé-rée , une panacée souveraine pour un peupleinfecté. Les philosophes français choisirentLocke pour leur maître : c’était le sauveur dontils avaient besoin. Son Essay on the humanunderstanding devint leur évangile : c’est surcet évangile qu’ils jurèrent. John Locke étaitallé à l’école chez Descartes, et avait appris delui ce qu’un Anglais peut apprendre , la méca-nique, l’analyse et le calcul. 11 n’y cul qu’uneseule chose qu’il ne put comprendre : ce furentles idées innées. 11 perfectionna donc la doc-trine d’après laquelle nous obtenons toute