JACQUES II VAN ARTEVELDE, Capitaine général de la Ville. 225
V. — Le Chroniqueur de Saint-Denis, à Paris :
... fut fet un parlement à Bruges, et, icelui finé, il fist prandre un chevalier de
Flandres , que on appelloit Courlrisien, dont ceux de Gand se courroucèrent.
.le conte lui fit trancher le chef •.
Suit la bataille de Cadsand .
Le roy d’Angleterre envoya aux villes de Bruges, de Gand, d'Tpre, et fist traictir auxmaislres des trois villes, tant que par dons et promesses il les fist joindre et accorder à lui;et, pour que ceste chouse ne pouvoit estre démenet par tous ceux du parti d’Angleterre, sifirent eslever ung homme en la ville de Gand, de moult eler engin, que on appelloit Jacquesd’Ârtevelle, lequel avoit esté avec le conte de Valois outre les monts et l’isle de Rodes, etpuis fut varlet de la fruiterie de Messire Lois de France, puis s’en alla à Gand, dont estoilnatif, et print à femme une brassaresse de miel. Quant il fut eslcvé, il fit assembler lecommun de Gand, et leur remonstra que, sans le roy d'Angleterre, ils ne povoientcontenter (?) Flandres; .
Manuscrit.
Cf. Les grandes chroniques de France (édit. Paulin Paris, Paris, 1835), t. V, p. 571.VI. — Le Chroniqueur de Tournai :
Quant le roy Edouurt seult le desconfiture de ses hommes, il envoia l’evesque de Nicolle,le conte de Su fort, Gautier de Maugny, à mille hommes, en mer pour luy vengicr. Etarivèrent en l’ille de Gagant, où il avoit grant plenté de nobles de Flandres assemblés. Làse conbatirent contres Englais; mais ils furent desconfis, et fu pris Guires, frères du contede Flandres, bastart, et si fu mors li sire de Haluin, Jehan de Mendequerque, Jehan deMeserode et tous les abitans de l’ille, et fu en che jour arsse et destruitte.
Apriès ceste desconfiture, se prirent li commun de Flandres à tourbler l’un contre l’autre,
et curé à Lestincs, reproduit les récits des chevaliers hennuyers et français; elle est plutôt favorable;la troisième (manuscrit de Rome), faite vers 1400, alors qu’il était chanoine à Chimay, et lorsqu’il eûtrecueilli les récits des bourgeois de Flandre après la paix de Tournai, est franchement favorable, etdécèle le véritable historien. Tel un auteur de nos jours, révisant ses jugements antérieurs d’après lesdécouvertes de la science, donne des éditions revues et corrigées de son ouvrage. — Cette gradationapparaît clairement dans celle de Simeon Luce (Paris, 1869 et années suivantes), continuée de nosjours par M. Gaston Raynaud (le tome XI, Paris 1904, va jusqu’en 1385).— Les autres chroniqueursfrançais sont moins importants. Quant aux flamands, ils semblent avoir suivi le mot de Sallusteo agir, mais pas écrire »; j’ai cependant découvert b Bruges un manuscrit inédit (Bibliothèque,n° 467), qui, bien que du XV' siècle, donne des détails locaux et nouveaux; il parait une copie d’unautre plus ancien, de source gantoise. — Je donne ici et plus loin les principaux récits de l’élévation etde la mort de Jacques van Artevelde d’après ces contemporains, version flamande et version française.
29
M
1338