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AVANT-PROPOS.
de Reilfenberg, noire ancien et spirituel collègue : « On a prétendu que» Jacques van Artevelde était gentilhomme et non pas brasseur; il est plus» certain que c’était un homme de génie », mais encore faut-il connaître lemilieu social où s’opèrent ces révolutions, le point d’où elles partent et lesclasses d’hommes qui se heurtent à ces moments terribles de l’histoire. A cepoint de vue, il est important de savoir à quel degré de l’échelle socialeappartenait Artevelde, de quelle famille il était, issu,quelles alliances il contracta,lui et les siens, et si ces mariages ne se ressentirent point, comme il arrivepour tous les tribuns, des chances diverses de son pouvoir et de sa politique.
Ce n’est pas seulement un vif et bien légitime sentiment de curiosité quinous pousse à rechercher avec ardeur les moindres indices de ce nom magiquedans la poussière des archives. Le but, qui a engagé tous les historiens duRuumert à grouper autour de lui les membres de sa famille, s’explique parleur désir et leur devoir de faire connaître jusque dans ses moindres détailsl’époque où il a vécu et ses relations privées qui, dans ce temps où les liensde famille étaient plus forts qu’aujourd’hui, avaient aussi plus d’influence surles affaires publiques.
lin réformateur politique se plaît, du reste, à s’entourer, pour l’accomplisse-ment de ses desseins, des membres de sa famille, dont les vues et les intérêtssont semblables aux siens : tel fut le népotisme des papes au moyen âge, etc’est ainsi que, dans notre siècle, on vit un noble ambitieux faire de tous sesfrères et cousins les instruments de sa puissance en leur distribuant les trônesde l’Europe occidentale. Tel nous voyons, sur un plus petit théâtre, le tribunflamand aidé dans ses entreprises autant par ses parents les plus éloignés quepar ses enfants, ses frères, ses alliés et sa femme elle-même : son père,< Jtiillaume , le grand commerçant avec l’Angleterre, le combattant de la batailledes Eperons d’or, le proscrit dépouillé de ses biens; son oncle, Jean , l’échevinde Gand à la tête du parti aristocratique; ses frères, Guillaume , le watergravede Flandre, François , l’échevin de Bruges, qui y défendit sa politique; safemme Catherine de Coster de Saint-Bavon et son beau-frère Jean de Cosler,