LE IlAlSlilN DE B AC IIA R AC II
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jure! par les roses des deux Castilles, par lesjacinthes de l’Aragonet les fleurs des grenadiers del’Andalousie ! par le soleil qui éclaire l’Espagnetout entière avec ses fleurs, ses oignons, ses potagesà la purée, ses forêts, ses montagnes, ses mulets, seshoues et ses vieux chrétiens ! par ce tapis du ciel dontle soleil n’est que la houppe d’or ! et par le Dieuqui siège sur ce tapis, occupé nuit et jour à créer dejolies femmes... je le jure, senora ! vous êtes laplus belle femme que j’aie vue dans toute l’Alle-magne, et si vous êtes disposée à accepter mes ser-vices, je vous demande la faveur, la grâce, la per-mission de pouvoir me dire votre chevalier et portervos couleurs, en tout bien, tout honneur I »
Une douleur subite fit monter le rouge au visagede la belle Sara; avec un regard d’autant plus poi-gnant que les yeux qui le lançaient étaient plus doux,avec un accent d’autant plus écrasant que la voixétait plus suave et plus timide, la jeune femme,cruellement oflênsée, répondit en ces termes :
« Noble seigneur, si vous voulez être mon chevalier, il vous faudra combattre des nationsentières, et,dans cette lutte, il y a peu de reconnaissance et encoremoins d'honneur à gagner! et si vous voulez porter