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Drames et fantaisies
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OEUVllES DE HENltl HEINE

agitées par le balancement coquet de sa tête plutôtque par le souffle du vent. Ses éperons d’or et lebaudrier de son épée résonnaient plus qu’il n’étaitnécessaire; la garde de l’épée sortait toute splendidede dessous son manteau blanc qui semblait jeté né-gligemment autour de sa taille svelte, et dont les plistoutefois trahissaient l’arrangement le plus soigneux.De temps à autre, et tantôt d’un air de curiosité,tantôt avec la mine d’un connaisseur, il s’approchaitdes femmes qui passaient, les examinait en face avecune froide assurance, prolongeait l’examen quandles visages en valaient la peine, jetait rapidement àl’une ou à l’autre quelques propos galants, et conti-nuait sa route sans s’inquiéter de l’effet qu’il avaitpu produire. Plusieurs fois déjà il avait tourné au-tour de la belle "Sara; mais il avait toujours étérepoussé par les regards impérieux de la jeunefemme, comme aussi par le sourire énigmatique deson mari. A la fin cependant, secouant avec liertétous ses scrupules, il se plaça résolument sur le che-min des deux époux, et là, avec l’aplomb d’uncavalier aguerri et le ton doucereux d’un galant, ilprononça les paroles que voici :

« Senora, je le jure ! — écoutez, senora : — je le