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Drames et fantaisies
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LE llAIililN DE IiACII AIIACI1

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voyait des vêtements noirs à longue barbe aussinombreux qu’une fourmilière; des femmes volti-geant çà et là dans leurs brillants atours comme desscarabées aux ailes d’or; de jeunes garçons, tout deneuf habillés, marchant derrière leurs parents etportant leurs livres de prières; des essaims de jeunesfilles, qui, n’étant pas admises dans la Synagogue,sortaient de leurs maisons, s’élançaient au devantde leurs parents, et inclinaient devant eux leursfronts aux boucles soyeuses pour recevoir la béné-diction paternelle, — tous sereins, joyeux, allant etvenant par la rue, et savourant en idée le repasfriand qui les attendait. Ils se sentaient l’eau venirà la bouche en aspirant les délicieux parfums exhaléspar ces pots noirs marqués de craie que les servantesrapportaient en riant du grand four commun.

Au milieu de la cohue, on remarquait surtout uncavalier espagnol, dont les traits juvéniles étaientempreints de cette pâleur charmante que les femmesattribuent d’ordinaire à une passion malheureuseet que les hommes, au contraire, mettent sur lecompte d’un amour satisfait. Sa démarche, sous uneapparence traînante et apathique, offrait une cer-taine grâce cherchée. Les plumes de sa toque étaient

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