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Drames et fantaisies
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OEUVRES DE HENRI IIEINE

son langage passait insensiblement à la lugubrepsalmodie des prières des morts; elle entendit lesnoms de ses bien-aimés, de ses parents, accompa-gnés des pieuses épithètes qu’on donne aux tré-passés: la dernière lueur d’espérance s’éteignit alorsdans l’âme de la belle Sara; son cœur fut déchirépar la certitude que tous ses bien-aimés, tous sesparents, avaient été réellement égorgés, que sapetite-nièce était morte, que le petit Gottschalkaussi était mort, tous égorgés, tous morts ! A cettepensée, elle-même serait tombée morte, si une, dé-faillance salutaire rie s’était, répandue sur toutson être.

III

Lorsque la belle Sara, le service terminé, descen-dit dans la Synagogue, le rabbin était là qui atten-dait sa femme. Il lui fit signe d’un visage serein etla conduisit dans la rue, où le silence de tout àl'heure avait fait place au tumulte de la foule. On