Druckschrift 
Drames et fantaisies
Entstehung
Seite
68
Einzelbild herunterladen
 

08

ŒUVRES DE HENRI HEINE

polis, leurs élégantes peintures, qui toujours don-naient asile au voyageur fatigué. Elles sont restéeshospitalières, les bonnes murailles, mais elles nontplus pour hôtes que les liibous et les vautours, (nva vers la fenêtre.) Personne, nul mouvement. Toiseul, ô soleil, tu mas entendu; compatissant à mapeine, tu menvoies tes derniers rayons et tu ré-pands ta clarté sur mon sombre chemin. O bienfai-sant soleil, écoute mes paroles reconnaissantes : toiaussi, enfuis-toi vers les côtes du pays des Maureset vers les plaines éternellement heureuses de l'A-rabie. Oli ! crains don Fernand et ses conseillers,qui ont juré une haine implacable à toute belle lu-mière. Grains dona Isabelle, Isabelle lorgueilleuse,qui, tout étincelante du feu de ses diamants, pré-tend briller toute seule, quand elle aura fait la nuitautour delle. Oh 1 fuis cette mauvaise terre dEspa-gne sest déjà éteinte ta sœur, ô soleil, T éblouis-sante Grenade aux tours dor ! (Séloignant de la fenêtre.)Mon cœur est oppressé comme si le disque enflammédu soleil couchant sétait roulé sur cette pauvre etfaible poitrine. Mon corps est comme une braisequi tombe en cendres brûlantes et le sol se dérobesous mes pas. Ab ! tout est si doux pour moi dans