INTRODUCTION
89
Ainsi avec la passion et le sarcasme apparaissaitaussi, dès les débuts de Henri Heine, cet autre traitde son caractère, la violence dans les polémiques,ou plutôt le mépris de toute justice envers ses ad-versaires et ses rivaux.
Nous avons parlé de Goethe, d’Immermann, dePlaten, à propos des tragédies de Henri Heine; nousn'avons rien dit des romantiques, les premiersmaîtres de l’auteur d ’Almansor. Que pensèrent-ils,les doux minnesingers, les amants du cor merveil-leux, en voyant de quelle manière ce turbulentécolier transformait leurs leçons? Un de leurs chefs,le baron de La Motte-Fouqué, après avoir lu Al-mansor et William Batcliff, adressait au poète desstrophes où je lis ces mots : « Doux chantre aucœur saignant, oh 1 j’ai bien compris ton chant etta plainte; mais cesse de faire retentir ces accentssauvages... Surtout ne prends pas plaisir à joueravec les serpents. Celui qui joue avec les serpentsjusqu’au bord de la tombe, dans le sein même dela tombe les serpents le suivent encore, ils l’enla-