INTRODUCTION
47
mois plus tard, écrivant à ce même Immermann, ilproteste contre ceux qui chercheront dans ses tra-gédies quelques traits de son caractère, quelquesévénements de sa vie, et il ajoute : « Comhien defois arrive-t-il qu’il n’y a presque nul rapport entrel’appareil extérieur de notre destinée et notre his-toire réelle, l’histoire intime de notre âme ! Cesrapports, en ce qui me concerne, n’ont jamaisexisté. » Je recommande en passant cette remarqueà d’éminents critiques de nos jours. La méthode aunom de laquelle on prétend disséquer l’homme afinde connaître l’écrivain rencontre là une objection-qui vaut la peine d’être méditée. Pour que ce dan-gereux scalpel ne devienne pas un instrument d’er-reur, il ne suffit pas qu’il soit manié d’une mainlégère et discrète ; il faut encore qu’une pensée spi-ritualiste préside à ses opérations.
Henri Heine, on le voit par ces lettres, avait alorsun jeune maître vers lequel se tournaient ses re-gards. Éclose au sein du romantisme, son inspira-tion cherchait une atmosphère moins énervante, et