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INTRODUCTION
mille en deuil emplissait encore le château de scslamentations, Abdullah fut informé que le bon Alyvenait de se faire chrétien. Sa douleur, sa colère,sa résignation silencieuse et morne, la résolutionqu’il prend de quitter l'Espagne, le tableau désolédu départ, la fuite de la muette caravane à traversles bois de myrtes et de citronniers, les harmoniesplaintives de la nature si poétiquement rassembléesautour des proscrits, il faut lire tout cela dans lerécit d’Almansor.
Jusqu’ici, Henri Heine a eu raison de dire : « Sile sujet est romantique, plastique est la forme. »Ces deux hommes qui, la nuit dans un château aban-donné, s’entretiennent des malheurs de leur foi etdo leur patrie, parlent une langue aussi noble quetouchante. La poésie n’enlève rien au naturel : cesont bien des musulmans que nous avons sous lesyeux, des musulmans d’Espagne, des Arabes à demitransformés par l'esprit de l'Occident. Le dialogueest vrai; chacun des personnages exprime son ca-ractère, chacun dit ce qu'il doit dire et comme il