INTRODUCTION
M
convient, qu'il le dise. On peut croire que le poëtcveut sérieusement écrire une œuvre tragique, et quele drame ' annoncé dans les premières scènes va sedévelopper régulièrement. Almansor, après avoirenseveli son père et sa mère dans la terre du pro-phète. revient en Espagne pour y chercher sa fian-cée. Zuleima est-elle chrétienne? A-t-elle renié toutson passé en changeant de religion? Qui l’empor-tera de sa foi nouvelle ou de son ancien amour? Latragédie est là. et certes, pour un poète dramatiquevraiment épris de son art, nul sujet plus poignantque cette lutte du cœur et de l’ânie, de la passionet de la foi. Qu’on le traite au point de vue sublimede notre Corneille dans Polyeucte ou au point devue tout contraire de Goethe dans sa Fiancée de Co-rinthe , c’est toujours une vivante matière de poésie.Ajoutons qu’en plaçant ces tragiques aventures dansl’Espagne du xv° siècle, au lendemain de la chutede Grenade, le jeune écrivain pouvait rehausserl’intérêt moral du sujet par l’éclat des contrastes etla richesse du cadre. Malheureusement Henri lleine