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se montrent en amis. Alors on a vu ce qu’onvoit toujours dans les révolutions : les bravesmontent à l’assaut; ils sont suivis d’hommesprobes, quoique timides; puis la colonne en-tière s’ébranle, et sa marche devient uni-forme et régulière. Dites-nous quelle autre au-torité que le Sénat aurait pu servir de rallie-ment à la nation, et prononcer d’une manièrelégale la déchéance? De l’aveu de nos géné-raux, dès que ce décret a été connu de l’armée 9le glaive s’est incliné devant la loi, et le fleuvede sang a tari. Sans le Sénat, la guerre civile,peut-être, eût mis le comble à nos malheurs,et la mère commune, la patrie ( puisqu’enfinnous la retrouvons), verrait ses entrailles dé-chirées par ses propres enfans.
Mais touchons-nous au terme de nos an-goisses? l’étendue des désirs à cet égard est-elle la mesure de nos espérances ; et que peut-on augurer des symptômes que nous offrent lesévénemens qui se pressent, qui s’accumulentsous nos yeux? Aux inquiétudes que présentel’instabilité des choses humaines, ajoutez cellesque fait naître la versatilité d’une nation la pluscomplimenteuse del’Europe, qui pour habitudesn’a que des modes, qui parcourt tous les ex-trêmes, et qui passe rapidement de l’enthou-