tant l’adulation se récrie, et prétend que la ré-compense est très-inférieure au mérite ; l’appelau peuple est invoqué, et le peuple rejetant ladécision du Sénat, s’empresse de voter le Con-sulat à vie. Voilà un de ces événemens qui ontamené et versé sur la France tant de calamités.A qui faut-il l’imputer ?
Il est des hommes que des lalens distinguésne sauveront pas des mépris de la postérité.Le fer rouge de la vérité imprimera, en ca-ractères ineffaçables, la honte sur le Iront deces écrivains soudoyés qui, en vers commeen prose, n’ont cessé de prostituer leurs plumes;qui, par la rédaction de feuilles périodiques ,pouvant exercer une sorte de magistrature surl’opinion publique, ont travaillé sans relâche àla corrompre, à éteindre toutes les idées géné-reuses. Ils voulaient que le peuple fut toujoursen extase devant la puissance, au lieu de leguérir de l’idolâtrie politique, et de lui incul-quer qu’un peuple admirateur ne sera jamaisun peuple libre.'
Daniel Heinsius, dans un ouvrage plus sé-rieux que le titre ne l’annonce, dit que lesRomains ayant changé César en Dieu, furentpar là même changés en bêtes de somme (i)*
(i) "V. Lausasini } inri\ Lugdun.-Batav., 162057,