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sur la poitrine une lanterne pour l’apercevoir dansles ténèbres, et pour mieux diriger la balle au coeur.Il veut donner sa montre à ses bourreaux, et lesprie de transmettre les dernières marques de sonsouvenir à ses amis: on l’insulte par des parolesgrossières. On commande le feu; le duc d’Enghientombe, sans témoins, sans consolation, au milieudesa patrie, à quelques lieues de Chantilly, à quelquespas de ces vieux arbres sous lesquels le saint roiLouis rendoit la justice à ses sujets, dans la prisonoù M. le Prince fut renfermé. Le jeune, le beau,le brave, le dernier rejeton du vainqueur de Rocroy,meurt comme seroit mort le grand Condé, et commene mourra pas son assassin; Son corps est enterrefurtivement, et Bossuet ne renaîtra point pour parlersur ses cendres.
Il ne reste à celui qui s’est abaissé au-dessous del’espèce lminaine par un crime qu’à afFecter de se pla-cer au-dessus de l'humanité par ses desseins, qu’adonner pour prétexte à un forfait des raisons inac-cessibles au vulgaire, et à faire passer un abîme d’ini-quité pour la profondeur du génie. Buonaparte eutrecours à cette misérable assurance qui ne trompepersonne et qui ne vaut pas un simple repentir : nepouvant cacher ce qu’il avoit fait,' il le publia.
Quand on entendit crier dans Paris l'arrêt de mort,il y eut un mouvement d’horreur que personne nedissimula. On se demanda de quel droit un Corsevenoit de verser le plus beau comme le plus pur sangde la France. Croyoit-il pouvoir remplacer par sa fa-mille demi-africaine la famille française qu’il venoitd’éteindre?. Les militaires surtout frémirent. Ce nomde Conclé sembloit leur appartenir en propre, et repré-senter pour eux l’honneur de l’armée française. Nosgrenadiers avoient plusieurs fois rencontré les troisgénérations de héros dans la mêlée, le prince de Condé,