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il fut arrête et fusille'. Peu de temps après, Tous-saint- l’Ouverture fut enlevé également par trahisonen Amérique, et étranglé dans le château où on l'en-ferma en Europe.
Bientôt un meurtre plus fameux consterna, lemonde civilisé. On crut voir renaître, ces temps debarbarie du moyen-âge, ces scènes que l’on ne re-trouve plus que dans les romans, ces catastrophesque les guerres civiles de l’Italie et la politique deMachiavel avoient rendues familières au-delà, des Al-pes. L’étranger, qui n’était point encore roi, voulutavoir le corps sanglant d’un Français pour marchepieddu trône de France. Et quel Français ,e grand Dieu!Tout fut violé pour commettre ce crime : droit desgens, justice, religion, humanité. Le duc d’Enghïenest arrêté en pleine paix sur un sol étranger; il estenlevé du château d’Offenbourg, • Lorsqu'il àvoitquitté la France, il étoit trop jeune pour la bier^connoître : c’est du fond d’une chaise de poste-, entredeux gendarmes, qu’il voit, comme pour la premièrefois, la terre de sa patrie, et qu’il traverse, pourmourir, les champs illustrés par ses aïeux. Il arriveau milieu de la nuit au donjon de Vincennes. A lalueur des flambeaux, sous les voûtes d’une prison,le petit-fils du grand Condé est déclaré coupable d’a-voir comparu sur des champs- de bataille :■ convaincude ce crime héréditaire, il est aussitôt condamné.En vain il demande à parler à Buonaparte (ô simpli-cité aussi touchante qu’héroïque!), le brave jeunehomme étoit un des plus grands admirateurs de sonmeurtrier : il ne pouvoit eroire qu’un capitaine vou-lût assassiner un soldat. Encore tout exténué defaim et de fatigue, on le fait descendre dans les ra-vins du château; il y trouve une fosse nouvellementcreusée, on le dépouille de son habit; on lui attache