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soient de le servir. Tout le monde espéroit enlui. Des victoires éclatantes dues à la bravoure desFrançais l’environnèrent de gloire. Alors il s’enivrade ses succès, et sou penchant au mal commença ase montrer. L’avenir doutera si cet homme a étéplus coupable par le mal cpi’il a fait que par le bienqu’il eût pu faire, et qu’il n’a pas fait. Jamais, usur-pateur n’eut un rôle plus facile et plus brillant àremplir. Avec un peu de modération il pouvoit éta-blir lui et sa race sur le premier trône de l’univers.Personne ne lui disputoit ce trône. Les générationsnées depuis la révolution ne eonnoissoient point nosanciens maîtres, et n’avoient vu que des troubles etdes malheurs. La France et l’Europe étoient lassées;on ne soupiroit qu’après le repos ; on l’eût acheté atout prix. Mais Dieu ne voulut pas qu’un si dange-reux exemple fut donné au monde, qu’un aventu-rier pût troubler l’ordre des successions royales, sefaire l’héritier des héros, et profiter dans un seuljour de la dépouille du génie, de la gloire et dutemps. Au défaut des droits de la naissance un usur-pateur ne peut légitimer ses prétentions au trône quepar des vertus : dans ce cas, Buonaparte n’avoit rienpour lui, hors des talens militaires, égalés, sinonmême' surpassés par ceux de plusieurs de nos géné-raux. Pour le perdre, il a suffi à la Providence del’abandonner et de le livrer à sa propre folie.
Un roi de France disoit que si la bonne foiétoit bannie du milieu des hommes, elle devroit seretrouver dans le coeur des rois : cette qualité néces-saire d’une âme royale manqua surtout à Buonaparte.La première victime connue de la perfidie du tyranfut un chef des royalistes de la Normandie. M. deFrotté eut la noble imprudence de se rendre à' uneconférence où on l’attira sur la foi d une promesse ;