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coeur d’un fils de saint Louis est un tre'sor inépuisa-ble de miséricorde. Les uns craignoient pour leurvie, les autres pour leurs richesses. Surtout il encoiitoit trop à l’orgueil humain d’avouer qu’il s’étoittrompé. Quoi, tant de massacres, de bouleverse-inens, de malheurs pour revenir au point d’où l’onétoit parti! Les passions encore émues, les préten-tions de toutes les espèces ne pouvoient renoncer àcette égalité chimérique, cause principale de nosmaux. De grandes raisons nous poussoient; de pe-tites raisons nous retinrent: la félicité publique futsacrifiée à l’intérêt personnel, et la justice à la vanité.
11 fallut donc songer à établir un chef suprêmequi fût l’enfant de la révolution, un chef en qui laloi corrompue dans sa source protégeât la corruption,et Kt alliance avec elle. Des magistrats intègres,
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fermes et courageux, des capitaines renommés parleur probité autant que pour leurs talens, s’étoientformés au milieu de nos discordes; mais on ne leuroffrit point un pouvoir que leurs principes leur au-roient défendu d’accepter. On désespéra de trouverparmi les Français un front qui osât porter la cou-ronne de Louis XVI. Un étranger se présenta : ilfut choisi.
Buonaparte n’annonça pas ouvertement ses pro-jets. Son caractère .ne se développa que par degré.Sous le titre modeste de consul, il accoutuma d’a-bord les esprits indépendans à ne pas s’effrayer dupouvoir qu’ils avoient donné. Il se concilia les vraisFrançais, en se proclamant le restaurateur de l’ordre,des lois et de la religion. Les plus sages y furentpris, les plus clairvoyans trompés. Les républicainsregardoient Buonaparte comme leur ouvrage et commele chef populaire d’un Etat libre. Les royalistes cro-yoient qu’il jouoit le rôle de Monck, et s’empres-