34
désordre serait peut-être irréparable ; peut-être pa-ralyserait-il les efforts que la France doit toujourspouvoir faire pour sa défense ou pour sa gloire.
Lorsque le présent est plein de prospérité, luisacrifier l’avenir est un véritable crime d’état.
Les charges sur l’avenir ne peuvent être justi-fiées que par une extrême nécessité , pareequ’onignore si elles ne tomberont pas sur la nation , aumoment d’un grand danger, d’un grand besoin ,d’une grande crise politique, et si, joignant leurpoids à une catastrophe imprévue, elles n’entraî-neront pas un grand bouleversement.
C’est cette haute prévoyance qui portait le doc-teur Price à condamner les emprunts sur bas inté-rêts, par cela seul que l’amortissement les éteintavec moins de promptitude. « Si les dettes sont à»un intérêt de 6 pour o/o, disait-il, le fonds d’a-«mortissement (d’un cinquième de la rente) paie-» ra trois cinquièmes de ces dettes en vingt-trois ans,» et l’état peut être sauvé. Si l’intérêt n’est que de» 3 pour o/o , le fonds d’amortissement ne produi-» ra le même allégement que dans un temps double,» et la banqueroute publique peut devenir inévitable. »
La conversion des 5 pour cent en 5 pour cent arrêtera lemouvement des capitaux vers les provinces , l’agricultureet l’industrie.
Le moyen que l’on croit le plus puissant pour