BRUGES.
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ses archers et la multitude. La plus grande partie de la suitedu prince était encorehors des murs, l’autrefut massacrée, etle duc lui-même aurait péri sans le dévouement de deuxbourgeois qui rouvrirent la porte pour assurer sa retraite(22 mai 1457). Les nouveaux malheurs qui suivirent cedéplorable événement, et la punition que le duc en tira,abattirent pour longtemps l’énergie de la commune.
Maximilien d’Autriche gouvernait depuis quelques an-nées le pays au nom de son fils Philippe le Bel, quand,au commencement de 1488, il vint résider à Bruges.Le 1 er février une émeute terrible éclata sous ses yeux; lesmétiers prirent les armes, occupèrent le marché, le forti-fièrent et le garnirent de cinquante canons. Quelques joursaprès, ils s’emparèrent des principaux conseillers du prince,et, le 9, de Maximilien lui-même, qui fut enfermé dans lamaison dite le Cranenbvrg, et qui, de sa prison, vit plusd’une fois le bourreau torturer et décapiter ses confidents.Les efforts des états-généraux parvinrent à amener la con-clusion d’une paix qui fut signée à Bruges le 16 mai ; leroi, les états, les magistrats de la ville, en jurèrent so-lennellement l’observation ; mais, à peine en liberté, Maxi-milien devint parjure. Son père, l’empereur Frédéric III,était arrivé avec des forces considérables pour venger lesauteurs de sa captivité, et la Flandre fut livrée à tous lesmalheurs de la guerre jusqu’à la paix de l’Ecluse, concluele 16 octobre 1492.
Depuis cette époque et à part les troubles du xvi e siècle,dans lequel le rôle de la ville de Bruges fut tout à fait se-condaire , la prospérité de cette ancienne cité alla toujoursen décroissant. Un grand nombre de travaux d’une grandeutilité ne purent remédier à un mal devenu inévitable.