190 PROVINCE DE LA FLANDRE OCCIDENTALE,
toujours, les négociants étrangers, qui choisirent pour ré-sidence la ville plus paisible d’Anvers. Sous le gouverne-ment de Louis de Crécy, les Brugeois, mécontents del’abandon du port de l’Ecluse à Jean de Namur et crai-gnant que ce prince n’y fît lever des péages, attaquèrentet forcèrent l’Ecluse et y firent prisonnier Jean lui-même.En 1324, une nouvelle émeute fut excitée par un bannide Fûmes , nommé Nicolas Zannekin , et dirigée contre lesnobles, dont les châteaux furent attaqués et détruits. Lecomte, fait prisonnier par les Courtraisiens en 1325, futlivré par eux aux Brugeois, qui le retinrent captif jusqu’àla fin de Tannée et le relâchèrent sans reconnaître son pou-voir. A sa demande, le roi de France, Philippe de Valois,conduisit une armée en Flandre. Zannekin était campé àCassel avec douze mille piquiers. Déguisé en marchand depoisson , il parcourt le camp des Français, observe leurposition, et, profitant de leur négligence à se garder, ilvient les assaillir. Les Flamands pénètrent jusque près dela tente du roi, mais, accablés par un ennemi supérieur ennombre, ils combattent avec fureur et se font tuer jusqu’audernier (23 août 1328).
Sous Louis de Mâle, les habitants de Bruges montrèrentplus de fidélité pour leur souverain, ce qui fut cause de laprise et du pillage de leur cité par les Gantois, que com-mandait Philippe d’Arlevelde (1382).
LTne nouvelle tempête éclata à Bruges quand les milicesde la commune revinrent dans leurs foyers, après avoirforcé le duc Philippe le Bon à lever le siège de Calais.Vaincu par la cessation de son commerce et par les priva-tions, le peuple reçut Philippe en souverain ; mais à peinele duc était-il entré qu’une lutte sanglante s’engagea entre