104 PROVINCE DE LA FLANDRE OCCIDENTALE,
des assiégeants furent infructueuses; l’arrivée du roi deFrance, Louis VI, et de son protégé, le nouveau comteGuillaume de Normandie, ne leur fut d’aucun secours.Enfin cependant une dernière attaque réussit mieux queles précédentes, et une mort affreuse termina la vie desassassins. Les restes de Charles, qui étaient restés abandon-nés au lieu même où le crime avait été commis, furentrecueillis avec soin, et l’Église plaça au rang des martyrsl’infortuné souverain.
Lorsque les armées du roi de France eurent conquis laFlandre sur Guy de Dampierre, ce souverain alla visiter sesconquêtes en l’année 1501. C’est lors de son entrée triom-phale dans Bruges que Jeanne de Navarre, sa femme,s’écria, en admirant le luxe des Brugeoises : « Je mecroyais seule reine ici, mais j’en aperçois mille autres au-tour de moi. » Les conquérants avaient déjà lassé la pa-tience des Flamands par leur hauteur et leurs exactions,et le roi était à peine parti depuis un mois que des mou-vements séditieux éclatèrent à Bruges. Le gouverneur dela Flandre, Jacques de Châtillon , se présenta devant celteville avec cinq cents lances; mais on lui en ferma les porteset on massacra quelques-uns des partisans de l’étranger.Pour punir la bourgeoisie, Châtillon fil raser les rempartsde la cité et commença la construction d’une citadelle.Voulant comprimer les mécontents, il avait réuni dansBruges des troupes nombreuses, quand, à la voix de deuxardents patriotes, Pierre de Coninck, doyen des tisserands,et Jean Breydel, doyen des bouchers, le peuple se soulève,attaque la garnison et massacre indistinctement tous ceuxqui ne peuvent prononcer ces deux mots flamands, schilten vriendt (bouclier et ami). Après cette sanglante journée