BRUGES.
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Que dire de l’ancienne prospérité de cette ville qui n’ailété répété. La localité sans nom, née près d’un pont (brug),au milieu des marais et des bois de la Flandre septentrio-nale, fortifiée par le comte de Flandre, Baudouin Bras deFer, était déjà populeuse au commencement du xi e siècle ;elle était dès lors en relations suivies avec l’Angleterre , leDanemark , le nord de l’Allemagne. Elle devint bientôtl’entrepôt des marchandises que les Lombards et d’autresnégociants amenaient par terre et par eau de l’Italie, du midi dela France, de l’Espagne, et que les peuples du Nord échan-geaient contre des cargaisons de fourrures et d’autres pro-ductions des climats glacés. La puissante ligue hanséatiquey avait un de ses quatre principaux comptoirs, et toutesles nations de l’Europe occidentale y établirent successive-ment des consulats. Au xiv e siècle, des galéasses vénitiennesparurent dans la rivière qui l’arrose.
Le premier épisode intéressant qu’offre l’histoire deBruges est la mort du comte Charles de Danemark et lavengeance exercée contre ses meurtriers. Ce prince, aprèsavoir vaincu ceux qui lui disputaient la succession de Bau-douin à la Hache , régnait en paix , redouté des grands etrespecté de ses sujets. Ayant fait saisir, lors d’une grandefamine, les grains accaparés par quelques riches, il excitacontre lui des haines d’autant plus violentes qu’elles avaientpour base des intérêts froissés; il s’aliéna encore la familledu châtelain de Bruges en l’accusant d’origine servile. Uneconjuration se forma contre lui et il fut percé de coups dansl’église de Saint-Donat, le 2 mars 1127. A la nouvelle de cecrime, la Flandre entière s’émeut; mais les coupables, ren-fermés dans le bourg ou château , y bravent les efforts desbourgeois et de la Flandre entière. Longtemps les tentatives
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